Accueil d'étudiant étranger à la maison 4/5 : Momoko

Quatrième partie sur cinq.

Et c'est reparti pour six mois avec une japonaise ce coup-ci.


4- Momoko

Bon alors l'association s'est un peu délitée et on a plus eu de nouvelles pendant quelques mois. La personne principale qui gérait le truc s'est barrée et la nouvelle était un peu perdue et débordée. Mais la correspondante locale du centre franco-japonais nous a contacté directement et nous a proposé d'elle-même une nouvelle étudiante : Momoko.

Bon vu comme ça s'est passé jusqu'à présent, on a pas fait les difficiles, même si l'association a été zappée, le centre franco-japonais semblait plutôt sérieux et tout donc on a accepté direct. C'est reparti pour une demi-pension de presque six mois.

À son arrivée, c'est une étudiante coincée qui nous est arrivée. Mais bon c'est la découverte, c'est normal, c'est compliqué pour tout le monde le premier contact. Il y a beaucoup d'apréhension, le fait de quitter son pays, son entourage, ses habitudes et se retrouver dans un tout nouvel environnement dans une famille d'inconnu, c'est pas rien. Elle avait un sourire de façade et était vraiment très timide. Elle ne parle que japonais avec quelques légères bases d'anglais et un très léger niveau de français.

Bon je vous brise le suspens tout de suite ça ne s'est pas bien passé. Ça ne s'est pas mal passé mais juste pas bien.

En six mois, on a pas réussi à discuter avec elle. Pendant les repas on lui a demandé ce qu'elle avait fait de sa journée, qu'avait-elle appris à l'école, ce qu'elle souhaitait faire ou ce qu'elle voulait manger. Et à chaque fois elle répondait en évitant de relancer la "conversation". Toujours une réponse super polie mais brève et et expéditive avec un sourire en toute circonstance.

Bon, on ne voulait pas non plus la brusquer mais faut avouer que c'est pas super agréable sur le long terme. On a à peine réussir à apprendre qu'elle avait travaillé à Disneyland Tokyo, que sa mère faisait du doublage d'animé pour enfant. Mais pas plus que cela. En six mois.

Elle nous disait toujours que ça allait, que c'était bien mais on resentait plus la réponse polie pour ne pas froisser. On a jamais vraiment sû s'il avait un souci avec nous, on bien qu'elle était déçu de la france (le fameux syndrôme de Paris ?) ou si ça se passait mal à l'école. C'est assez frustrant parcequ'on voulait vraiment qu'elle se sente bien, qu'elle s'ouvre, qu'elle profîte de son séjour mais on a jamais réussi à la voir s'ouvrir réellement. Ça ressemblait beaucoup à une personne en dépression. :-/

Nous avions enfin une voiture avec plus de places ce qui nous a permis d'aller en balade deux trois fois pour lui montrer un peu d'autres endroits. Mais même dans ces occasions elle restait toujours aussi impassible. On a quand même tenté de se promener un peu avec elle.

On est allé à Collioure qui fleure bon la carte postale idéale. C'était "bien". Puis on est également allé visiter des caves de Roquefort. C'était "bien". Elle a même goûté le fromage un peu difficilement au début mais elle a tout de même apprécié l'expérience au point d'en remanger à la maison avec nous. Tout était "bien" mais voilà sans plus.

Bon l'ambiance à la maison était assez pesante. En plus elle n'allait quasiment jamais dehors si ce n'est pour aller à l'école. Les repas du soir avec elle qui ne décroche pas un mot étaient angoissants. Les six mois ont été trèèès longs. Elle préferrait rester dans sa chambre plutôt que d'aller dans le salon avec nous.

On aura très peu échangé et c'est vraiment dommage.

Une fois repartie, on a appris de la part du centre franco-japonais qu'elle avait été contente de son séjour. Mais encore une fois, on ne l'a absolument pas ressenti du coup était-ce sincère ou juste la volonté de ne pas nous enfoncer ? On ne saura jamais vraiment.


On a été très déçu et ça nous a mis un sacré coup au point d'hésiter à recommencer. Voilà, c'était assez tristoune mais c'est le jeu. C'est dommage c'est l'étudiante que l'on a gardé le plus longtemps en plus. :-|

Le séjour dépend énormément de la personne que l'on accueille.