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Accueil d'étudiant étranger à la maison 5/5 : Ayaka

Cinquième et dernière partie.

Et c'est reparti pour six mois avec une Japonaise.


5- Ayaka

Et c'est le retour du centre franco-japonais qui nous contacte une fois de plus. Ils sont très contents de nous et les étudiants nous recommandent (comme quoi…). Ils aiment bien le fait que l'on soit un couple beaucoup plus jeune que les autres familles d'accueil et que l'on s'implique dans la vie des étudiants.

Ils nous proposent de prendre en charge Ayaka en demi-pension pour quatre mois et demi. Bon, après la mauvaise expérience précédente on était un peu réticent. C'est encore une Japonaise donc on espère qu'elle n'aura pas les mêmes travers mais on accepte.

On retrouve encore la correspondante avec ses mocchis délicieux et on découvre une ptite Ayaka toute souriante et qui semble bien plus ouverte que la précédente. C'est reparti pour une demi-pension, on croise les doigts mais le premier contact semble bien plus prometteur.

Premier bon point : la communication est beaucoup plus facile ! Déjà, on a gagné un peu de vocabulaire mais surtout, sa mère est prof d'anglais et elle a donc un trèèès bon niveau d'anglais. Ça va grandement nous faciliter la tâche même si c'est vrai que par moment on a plus discuté en anglais qu'en français.

Elle vient apprendre le français et aussi se libérer un peu de sa situation au japon. Elle vit avec son fiancé là-bas mais ça ne va pas fort. Déjà, ça semble être une relation manigancée par les parents puisque c'est un bon parti toussa … Elle ne nous le dit qu'à demi-mot mais on sent que ce voyage est une grande bouffée d'air frais pour elle.

Encore une fois on a eu beaucoup de discussion sur la langue française. On l'aidait parfois pour ses exercices mais … bha … c'est super dur le français ! C'est vraiment très compliqué d'expliquer certaines tournures ou juste certaines règles que l'on utilise sans même y prêter attention.

Un soir on lui a proposé de manger du confit de canard. Mais entre notre accent franchouillard et sa compréhension un peu approximative à la japonaise il y a eu un quiproquo. On lui a dit “Tonight we will eat duck.” et là son visage s'est transformé. Elle était horrifiée. Bon, à première vue on s'est dit qu'il y avait ptet un truc bizarre, on lui a demandé si elle n'aimait pas le canard. Et on a au final compris notre incompréhension : elle avait compris “dog”. Elle pensait que nous allions manger du chien… voilà voilà.

Niveau bouffe elle était vraiment pas difficile. Globalement les étudiants japonais sont pas difficiles du tout niveau bouffe faut dire. Elle adorait les plats bien français comme la blanquette de veau. Il y a par contre quelques produits qui passaient pas trop comme le fromage. Bon c'était pareil pour les deux précédents japonais, mais c'est marrant de voir qu'ils arrivent même pas à savoir que c'est du fromage alors que pour nous c'est tout naturel. Pour eux le fromage ce n'est qu'une sorte de truc insipide à la babybel ou bien un truc qui ressemble un peu au beurre. Appréciant les claquos qui puent, ça leur fait toujours un choc de me voir manger de l'époisse avec sa croute.

D'ailleurs en bon français, on lui a montré les joies du saucisson. Mais la pellicule blanchâtre sur la peau de saucisson la faisait toujours tiquer et on a même eu le droit à un “vous aimez beaucoup le moisi”. xD Et … bha oui c'est un peu vrai. Par contre pour le picrate là elle faisait moins la difficile. Le muscat moelleux du coin lui a énormément plu.

Alors que Naoki était le stéréotype du japonais et que Momoko ne s'en éloignait pas trop, Ayaka était, elle, bien plus extravertie et sociale mais ça reste quand même "à la japonaise". Mais elle s'est confrontée aux autres élèves de son école de français avec notamment les Espagnols et les Italiens. Ça a été un choc culturel pour elle. Les voir parler fort, rigoler à gorge déployée tout en étant tactiles l'a marquée. Le premier week-end après sa rentrée elle nous a raconté qu'elle trouvait ça très bizarre. Elle les imitait en train de faire "jajajajajaja" c'était trop drôle.

Les premiers jours elle n'osait pas trainer avec ces "sauvages" mais elle a vite pris le pli et au final comprenait et commençait à apprécier cette façon d'être. Elle trouve ça beaucoup plus relax et convivial. Elle est devenue bien plus expansive, c'était marrant à voir. Elle s'est même mise à faire la faire la bise (alors que nous ne sommes pas vraiment fans du concept).

Elle s'est rapidement fait draguer et a apprécié cela. Par contre elle n'a pas tout tout compris, il a fallu que lorsque un ptit frenchy l'a invité chez lui, à leur âge … bha c'est pas innocent et qu'elle devait y aller en connaissance de cause. On l'a vraiment pris sous notre aile, c'était un peu notre gamine pour quelques semaines :-)

Un des premiers soirs nous avons regardé Your Name (Kimi No Na Wa). Elle nous a dit que c'était un de ses films favoris et que c'était son groupe favori qui faisait la musique (Radwimps). Elle en a profité pour nous expliquer ce que voulait dire le titre et nous a donné quelques ptites notions de japonais au passage. On sait désormais compter, se présenter. Enfin … on savait :-°

Elle nous a fait une feuille de papier avec l'alphabet hiragana et une autre avec le katakana le tout plié un peu comme de l'origami. C'est tout con mais ça fait vraiment typique.

Elle s'est trouvée d'autres amis japonais dans le coin dont une avec un père français. Toute contente elle nous dit que son amie a un prénom français qui est “adoré”. O___O Hein ?! On lui a dit que l'on ne connaissait pas ce prénom et puis elle nous a écrit ça sur l'ardoise salvatrice. A.D.E.L.I.N.E “haaaaaa ! Adeline“ “Oui c'est ce que j'ai dit :-þ” Hahahaha

Dans un genre similaire un jour elle nous demande ce que veut dire “jusqu'à l'eau dia” (enfin c'est ce qu'on comprenait). On a eu beau chercher, impossible de comprendre ce que c'était. Selon elle, on le disait très souvent mais impossible de savoir ce que c'était. On lui a demandé de nous interrompre absolument la prochaine fois qu'elle nous entend le dire. Moins d'une heure plus tard alors que l'on papotait elle nous fait un grand signe. On stoppe on réfléchit à ce que l'on vient de dire et là l'illumination. Notre tic de language : “Tu vois ce que je veux dire” prononcé assez vite en articulant comme un sagouin et pouf.

On lui a proposé de se passer un ptit weekend à Barcelone. Habituée à vivre sur une île sans frontière physique, elle a halluciné de voir que l'on pouvait changer de pays sans contrôle d'identité ni rien (les joies de l'Europe). Le fait d'avoir la même monnaie également lui a simplifié le truc. On a pu faire les touristes avec elle et on a ramené quelques photos sympatoches au passage.

On a également fait une ptite visite de Collioure avec deux de ses amis japonais que l'on a embarqués pour plus de fun. Ils ont adoré le paysage avec des “Mécha Kiré” (ouai je sais pas du tout écrire japonais) toutes les dix secondes. Les “uwwwwwwa” qu'on ne sait toujours pas ce que ça veut dire exactement étaient lachés toutes les dix secondes. Au moins sept cent photos ont été prises ce jour-là. Une fois rentrés à la maison, ils ont profité de l'occasion pour nous montrer comment faire des gyozas typiques et en échange on a montré comment préparer une blanquette de veau.

D'ailleurs les Japonais kiffent les cuisines françaises qui possèdent absolument tout selon eux, comme les restaurants. Et c'est vrai que Naoki nous avait déjà dit que lui n'avait qu'un micro-onde et presque aucun ustensil. Elle était toujours surprise de voir que l'on avait plusieurs tailles de casseroles et poêles, pleins de couteaux différents… On a pourtant une cuisine plutôt humble pas bien grande mais pour eux c'est bien au-delà de leurs standards.

On a appris qu'une de ses amies est sur le même genre de formule de demi-pension dans une autre famille mais que ça ne se passe pas aussi bien que chez nous. En gros la dame qui l'héberge ne fait aucun effort de compréhension et de discussion. Pire encore, niveau nourriture c'est même en deça du strict minimum. Certain repas sont carrément trop légers et du coup elle compense via des snacks. Malheureusement, elle n'ose pas se plaindre auprès de l'association.

À mi-séjour, Ayaka a reçu un colis de la part de sa famille (un peu comme en colonie de vacances ^__^). Et dedans il y avait deux trois ptits trucs pour nous !! Elle nous offert un assortiment de kitkat (alléluia \o/) mais aussi … du film plastique alimentaire. Ouai c'est particulier comme cadeau. Et en fait son frangin bosse dans ce domaine et elle trouvait que le nôtre était pourri. Et c'est vrai qu'après l'avoir testé, le leur est clairement supérieur : il ne colle pas sur lui-même comme une merde, il est un chouilla plus épais, il est plus simple à utiliser, se coupe mieux. Elle nous a également donné des mouchoirs japonais qui sont effectivement bien plus doux que les nôtres qui lui semblent trop rèches.

Bon pendant son séjour, un soir, elle a rompu avec son fiancé japonais par téléphone. Bon forcément elle ne l'a pas super bien vécu mais la décision venait d'elle. C'est là qu'elle nous a un peu expliqué sa situation particulière. Visiblement les marriages arangés sont encore plus ou moins existants au japon. La situation ne lui convenait pas et le fait d'être loin pendant quelque-temps l'a convaincu de rompre et à affronter ses parents. Bref, un moment difficile pour elle et surtout lors de son retour qui risque d'être un peu mouvementé. Malheureusement nous ne saurons pas.

Un jour elle a commencé à choper une crève. On lui a refilé un cachet de dolicrâne 1000mg. C'était ptet pas une super idée. Avec sa carrure de demi-portion ça l'a mis au tas. On a failli la flinguer o___o .

D'ailleurs le lendemain elle nous a demandé où elle pouvait acheter des masques. Et … bha … on s'est retrouvé comme des cons. C'était bien avant le covid. On ne savait pas où s'en procurer et c'est vrai qu'on a pas spécialement eu le réflexe pharmacie. On ne s'était juste jamais posé la question auparavant et elle trouvait ça étrange de ne croiser personne avec des masques surtout dans le tram. Haaa lala … si elle savait que même en temps de pandémie certains n'en mettent même pas…

Voilà, son voyage touche à sa fin. Elle a beaucoup progressé en français et s'est "déjaponisé" (selon ses amis japonais) et semble avoir passé de très bons moments en notre compagnie. Nous aussi ça a été un plaisir et un soulagement suite au passage de Momoko.


Voilà un ptit résumé de ces quelques mois où nous avons partagé notre vie avec des étudiants étrangers.

C'était vraiment super enrichissant. On s'est globalement vraiment bien marré et on a adoré partager un peu de culture française.

Accueillir des gens chez soi c'est quand même un peu contraignant. Faut se forcer à toujours avoir un appart super clean, faire à bouffer de façon variée tous les jours est quand même une belle corvée. La perte d'intimité dans sa propre maison est assez difficile au début mais on s'y habitue et puis certains étudiants sont pas mal en vadrouille donc …

On a arrêté pour le moment à cause de contraintes extérieures. En plus le covid est passé, mais qui sait peut-être qu'on s'y remettra.

Si jamais l'envie vous en prend ça peut être une excellente expérience. Ça donne un peu l'impression de voyager et ça fait plaisir d'aider des jeunes.