Arizona Dream

Histoire :

Axel se voit proposer un poste de vendeur de bagnole chez son oncle. Alors qu'il bosse avec son cousin, deux clientes débarquent en braillant.

Les deux garçons finissent même par se faire inviter par la mère la fille à dîner chez elle. Axel tombe amoureux de la mère qui a au moins trente ans de plus que lui.

Ressenti :

Quel étrange film. Je suis très probablement passé à côté de plein de trucs. Il faut probablement se laisser porter sans lutter.

Le film est une romance comédie drame. Certains passages sont loufoques et d'autres bien plus lourds, c'est un étrange mélange. Du coup j'avoue ne pas trop savoir qu'en penser.

Certaines scènes sont vraiment très drôles et ça enchaîne avec un évènement des plus dramatiques du coup c'est assez dur de s'impliquer dans un sens comme dans l'autre. À ça on rajoute les rêveries de Johnny Depp chez les inuits et de son poisson et … bha je suis assez désemparé.

Tous les personnages sont dans une étrange dualité. Le film joue avec les métaphores et du coup chaque perso semble à première vue décalé et limite risible alors qu'ils ont globalement des motivations souvent assez simples et pures. On a par exemple le cousin qui vend des bagnoles mais qui est fan de cinéma et rêve d'être acteur. Le souci c'est qu'il joue les starlettes alors qu'il n'a réussi à convaincre personne. Il est donc assez souvent risible alors qu'il ne fait manifestement de mal à personne et qu'il n'est au fond pas vraiment triste non plus.

La mère semble complètement délurée avec des rêves de fabriquer une machine volante avec Axel son amant. C'est à première vue, encore une fois, un truc dont on peut se moquer. Ils fabriquent un truc de bric et de broc qui ne peut absolument pas marcher. Mais après, c'est au final un hobby sans grande conséquence et puis vouloir voler est un rêve assez commun. Tenter de poursuivre son rêve avec la personne que l'on aime n'est au final pas si risible et c'est même une situation plutôt cool.

On a un schéma assez proche avec la fille qui, si l'on y prête pas attention, a un comportement qui prête à moquerie mais qui au final ne le mérite pas vraiment. C'est un peu comme ça pour tout le monde notamment l'oncle…

La BO du film est assez cool notamment In the Deathcar composée pour l'occasion par Goran Bregovic et chantée par Iggy Pop que tout le monde connait. Le morceau est d'ailleurs devenu plus culte que le film lui-même.

Toujours à propos de la musique, vers la fin il y a un groupe méxicain qui est vraiment très drôle. Ils se retrouvent là, dans le salon en train de jouer Besame mucho pour quatre adultes lors d'une fête d'anniversaire. Cette très étrange situation où le gâteau n'est même pas bouffé et où la fête s'essoufle en deux secondes est tellement décalée que ça m'a bien fait rire.

Bref, c'est un film étrange qui se laisse voir mais qui nécessite pas mal d'empathie et de bienveillance pour être apprécié je pense.