Big Bug

Histoire :

En 2045, une maison se retrouve en confinement forcé par les robots gérant la maisonnée.

Toute une brochette de personnage va tenter de s'en sortir.

Ressenti :

Mon ressenti ? Le malaise et l'ennui.

Wow c'est rare de tomber sur ce genre d'ovni. Ça se veut drôle ça ne l'est pas, ça se veut fin observateur et critique de la société … c'est d'un balourd et évident. Le décor est joli mais alors le jeu d'acteur c'est tout bonnement hallucinant.

Je ne comprends pas ce film. Qu'est-ce qui s'est passé ?!

Jean-Pierre Jeunet est un réalisateur qui a quand même un sacré palmarès (surtout ses tout premiers films). Son film précédent avait fait un joli four alors que bon, il était pas naze mais c'est vrai que c'était assez inintéressant. Du coup le pauvre gars était en mal de financement. Il n'y a que Netflix qui lui a tendu la main pour réaliser ça et … bha … voilà quoi.

Le grooos point noir c'est l'écriture des personnages. Il n'y a aucune subtilité. On croirait presque une pièce de théatre écrit par un collègien. Tous les personnages sont des clichés ambulants.

  • La mère de famille divorcé qui veut à tout prix retrouver l'amour avec ses hobby désuet et avec le feu au cul.
  • Le mec qui veut se la taper, couard et qui feind l'intéret mais au final un vrai con mais avec le feu au cul.
  • Son mioche ado rebel qui s'emmerde avec son vocabulaire de djeuns avec le feu au cul.
  • La gamine ado intelligente et subtil avec le feu au cul.
  • L'ex-mari qui nous sort un accent tout droit sorti de Pagnol technophile qui veut se taper une jeunette.
  • La fameuse jeunette, la secrétaire débilos qui étrangement n'est pas blonde mais qui a le feu au cul.
  • La voisine gentille avec son ptit chienchien qui s'invite un peu trop qui rend pas ce qu'on lui prête (non je l'aime bien elle mais parce que c'est Isabelle Nanty).

Ça c'est pour les humains. Bon j'imagine que c'est l'effet recherché mais tous ont un aspect irréel. Ils font des trucs insensés le tout saupoudré de trois tonnes de surjeu. Bha à cause de ça on a aucune empathie pour eux. Ils sont enfermés chez eux et malmenés par des robots ? Ha bha tant pis pour leur gueule.

Le film s'ouvre sur une émission de téloche où des androides promènent leurs humains en laisse. Si c'est pas assez subtil pour vous, au milieu du film un androide arrivent dans ce bastringue et leur demande de faire les animaux. Si c'est pas assez subtil, un personnage dit clairement que c'est une perte de dignité. Il fallait vraiment que le message passe, la subtilité n'est pas de mise ici.

Tout l'aspect critique de la modernité est tellement appuyé que c'est couillon. On croirait un enfant de 8 ans qui essaye de faire son exposé. À côté de ça, on a la vision d'un gros boomer sur les personnages :

  • Mécha monique la boniche robote des années 50 il ne lui manque que le déguisement de soubrette (non elle a pas le feu au cul), désespérement en quête d'amour et de reconnaissance.
  • Ça déborde de cul sans que ça n'apporte rien au film et c'est là encore vraiment pas crédible : sérieux tu as un robocop dans ton salon qui a des lasers et qui peut buter n'importe qui et toi tu veux juste aller t'envoyer en l'air plutôt que de tenter de t'échaper ou autre ?
  • À la fin (ouai je spoile mais franchement épargnez-vous ce film), le couple divorcé redevient comme par magie amoureux alors qu'ils n'ont absolument pas colaboré ou eu de moment entre eux. Ça arrive comme ça sans prévenir.

Bon je vais pas critiquer les effets spéciaux. C'est pas trop pourri mais on s'en tape un peu. Par contre qu'est-ce que c'est long. Presque deux heures quand on s'emmerde et que chaque idée et blagounette tombe à plat c'est un calvaire. Tout ça pour une résolution nazebroque.

Ha et dis donc le gars ils seraient pas un peu un rageux du covid ? Déjà de base un confinement imposé par des robots à la logique défaillante c'était encore une fois trop subtil. Il fallait donc qu'un personnage évoque le covid-52 toussa. Vraiment c'est dommage que ça soit aussi pataud dans son écriture.

À mon avis le film pourrait être bien meilleur dans un remake. Alors déjà, rendre les humains plus humains en estompant leurs stéréotypes et en les rendant plus attachant. Sérieusement, ils ne sont pas moins flippants que les androides qui sourient quand ils t'annoncent que tu vas en prison. Donc un peu moins de loufoqueries dans leurs comportement et un chouilla plus de sérieux général.

Enlever les sabots aussi. Parcequ'à vouloir se la jouer "je dénonce grave, regardez comme la techno c'est de la merde" à un tel niveau ça se tire une balle dans le pied. Ha et moins de cul parceque ça donne l'impression que c'est un frustré envieux de tous les autres qui baisent. Le deus ex machina final ? Allez je le tolère.

Ha et pour finir le dernier truc naze : pourquoi à la fin il suffit de râler sur un panneau publicitaire pour qu'il explose ?!