Blade Runner

Histoire : 🔗

Six replicants se rendent sur Terre dans le but de rallonger leur vie. Ces derniers sont des androïdes fabriqués pour servir l'Homme mais ne sont pas admis sur Terre.

Deux sont déjà morts et il en reste donc quatre à neutraliser. Pour cela, la police fait appel à Rick Deckard un blade runner spécialisé dans ce domaine. Mais la tâche sera ardue : ces replicants sont des nexus VI, les modèles les plus avancés.

Ressenti : 🔗

Monument de la science-fiction que voilà. Ce film de 1982 a marqué son monde durablement en mélangeant une esthétique futuriste dystopique avec une ambiance de film noir. Une mégalopole inextricable, une pluie incessante, une nuit omniprésente, un détective malsain et un capitalisme invasif vont lancer l'identité du cyberpunk dont il est un emblème.

Oui ça a de la gueule. Mais faut dire qu'ils se sont donné du mal. Déjà ils ont déniché des lieux de tournages qui ont de la gueule entre la baraque de Deckard avec ses carreaux reconnaissables à dix bornes, mais surtout l'appart de JF Sebastian qui n'est autre que le Bradburry Building vu et revu dans tellement de film mais qui a juste une classe intersidérale. C'est bien simple, le jour où je serai riche, j'en construit une réplique. Verrière, coursive, rembarde acier et brique … qui peut résister ?

Mais quand les décors existants ne suffisent plus, ça nous sort de la maquette gigantesque pour créer ces immenses gratte-ciels. Les pubs qui les arborent, les lumières, les bagnoles qui volent autour… Ça rend vraiment trop bien et cette esthétique n'est pas vraiment passé de mode quand on voit que certaines productions récentes s'en approchent énormément (genre Cyberpunk 2077 ).

J'ai toujours trouvé le film un peu étrange sur son rythme et son montage. Il ne fait que deux heures (enfin ça dépend de la version mais j'y revienrdai) et est quand même très lent alors que paradoxalement il a tant à raconter. J'ai vraiment du mal à ne pas sombrer en regardant ce film tellement il est lent vers la moitié. Les replicant qui font leurs investigations en se rendant auprès de plusieurs personnages a tendance à m'endormir. Ce n'est pas haletant mais c'est pas chiant pour autant. Mais le montage est quand même bizarre à mon sens : certaines scènes ne s'enchainent pas vraiment naturellement. Mais bon c'est le seul reproche que j'ai à faire à cette œuvre.

J'adore la musique. Les synthés de Vangelis s'accordent parfaitement à cet univers, c'est mystérieux, un peu futuriste mais également un peu désuet. Ça dégaine du saxo cliché et mélancolique puis ça se pose avec un morceau encore plus tristouille au premier abord mais finalement plus heureux et plein d'espoir qu'il n'y parait. Tout est trop bien dans cette OST. Elle tourne en playlist depuis des années à la maison et notamment la Jasper Edition qui est un peu plus complète.

Replicant ou pas ?

Oui, pour moi Deckard est à 100% un replicant. Le doute n'est pas permis.

Bon déjà il y a la fameuse petite licorne laissée par Gaff comme message l'avertissant que lui aussi est au courant de sa nature puisqu'il connait les rêves de Deckard.

Mais tout un tas d'indices en plus. Notamment au début, quand son chef lui donne la mission, il refuse catégoriquement. Son chef lui dit qu'un refus signifierait qu'il n'aurait plus de but s'il ne faisait plus le flic. Et là, alors que jusqu'à présent Deckard semblait ultra confiant, il se ravise immédiatement face à cette simili-menace. Un replicant qui ne suit plus ses ordres serait éliminé directement.

Qui plus est, pendant cette conversation, l'attitude de son chef est super louche. Le gars esquisse des ptites mimiques, on croirait des ptits sourires de sadisme du fait d'envoyer un replicant abatre d'autres de ces congénères. D'ailleurs, Gaff n'est au final là que pour surveiller les agissements de Deckard pour que tout se passe bien.

Bon en micro détail il y a également le reflet bizarre des yeux de replicant. Dans une scène avec Rachel, cette dernière l'a, mais plus furtivement, lui aussi.

Cela-dit, les autres replicant ont une force surhumaine alors que lui ça ne semble pas être le cas. Par contre, il encaisse vraiment pas mal. Et puis bon, il existe dans Blade Runner 2049 soit bien plus que quatre ans aprés ce premier film se déroulant en 2019… Du coup a-t-il réussi à dépasser ses 4 ans de durée de vie.

Rick est le détective torturé qui boit et vit seul mais au final c'est un peu tout ce qu'on sait vraiment de lui. Le gars sort un peu vite son flingue, il tombe très vite amoureux d'une inconnue, il est un gigantissime forceur qui même va jusqu'à violer (franchement la scène avec Rachel dépasse les limites de l'amour et du consentement). C'est un type qui manque d'empathie et c'est justement une soit-disant caractéristique des replicants. Mais durant tout le métrage, on nous montre plutôt l'inverse.

Les replicant ne veulent pas mourir. Ils sont prêt à se battre pour vivre plus longtemps, Roy est triste quand Priss meurt. Ce sont des comportements plutôt humains, non ? D'ailleurs il choisit d'épargner Rick quand il comprend que ça ne changera plus son destin.

Bon bha c'est un super film et qui a d'ailleurs eu le droit à une suite 40 ans plus tard qui n'a pas à rougir. Bravo Ridley Scott pour ce monument.