Don't Look Up

Histoire :

Une doctorante en astrophysique découvre par hasard une comète. Avec l'aide de son prof, ils calculent sa trajectoire et arrive à la conclusion que l'impact avec la Terre est prévu dans 6 mois.

Ils commencent à alerter la NASA, la présidente des USA mais se font somptueusement ignorer. Ils se tournent ensuite vers la télévision pour alerter le grand public.

Ressenti :

Je passe après la vague. Tout le monde s'est jeté sur le film lors de sa sortie sur Netflix il y a six mois. C'est donc tout naturellement que je m'y plonge une fois la hype retombée.

Le timing de sortie du film est quand même parfait. Avec la pandémie de covid qui déboule en 2020, on a découvert tout un tas de comportements humains assez surprenants. Et justement c'est un peu ce qu'on retrouve dans ce film.

Les réactions des gens fassent à la nouvelle de l'apocalypse imminente est assez déroutante. On a une présidente qui n'en a rien à péter à cause des élections et d'autres scandales en cours. Les médias se focalisent sur le physique du prof, sur l'aspect hystérique de la pauvre étudiante qui est ignorée et moquée. Le grand public se divise sur la véracité de l'existence de la comète… Bref, c'est un peu tout ce que l'on a vu en vrai avec le covid.

Je pense que sans cette pandémie, de nombreux pans du film paraitraient complètement stupides. L'irrationnalité des gens seraient difficilement croyables. Mais maintenant qu'on a vu tout le spectacle du covid, ça semble finalement bien moins extravagant et plutôt bien vu voire presque bateau.

Mais contrairement aux apparences, le scénario a été écrit avec non pas le prisme du covid mais plutôt le dérèglement climatique. Et je pense que c'est malheureusement triste de voir à quel point c'est sacrément réaliste. L'inaction des grandes puissances face au dérèglement climatique est quelque chose qui me mine sacrément. Mais bon c'est pas le sujet de ce que j'écris… revenons au film.

Le film est donc plutôt réaliste dans sa première partie. Mais j'ai tout de même le sentiment que l'on bascule petit à petit dans une comédie un peu lourdeaude. Les personnages pourraient être rangés en deux catégories : ceux plutôt bien traités et les clichés qui tirent vers la bouffonerie.

spoil à ce sujet

On a donc la présidente (Mery Streep) qui est à la limite entre les deux catégories mais qui tend de plus en plus dans la loufoquerie plus on avance. Elle est ouvertement pourrie à ne penser qu'en terme de jeu politique.

Par contre son fils (Jonah Hill) lui est clairement dans la bouffonerie totale. C'est dommage, le film se veut assez réaliste dans son propos et tout mais lui le personnage n'est pas crédible. C'est le chef de cabinet de la maison blanche mais il insulte et ricane des scientifiques, des électeurs,… C'est poussé trop loin au point de ne pas être crédible.

La couronne du personnage le moins crédible revient tout de même est Peter Isherwell (Mark Rylance) qui joue ici le patron d'une boîte de la high-tech très versé design et pull à col roulé… La parodie de Steve Jobs ne laisse aucun doute. Et même si j'ai jamais eu d'affection particulière sur Steve Jobs et Apple, là il est juste tourné au ridicule absolu. Le mec est juste une raclure audacieuse et sans scrupule qui chie à la gueule de tout le monde.

C'est vraiment très dommage de faire une caricature aussi ridicule ça force tellement le trait que ça en dé-sert le propos. Il y avait tellement de point criticable et attaquable sur les boites de la high tech que de ne jouer que sur ces aspects du personnage détourne toute l'attention sur tout un tas d'autres points.

Je suis assez déçu de ça.

spoils concernant la fin

Bon alors plusieures remarques.

Déjà, c'est cool d'avoir vraiment fait péter là planète à la fin. Ça nous évite un happy end. Merci.

J'étais assez étonné que le film n'aborde que très peu les questions de religions. Mais il fallait que sur le final, au moment du cataclysme, que ça se mette à prier. “Ha mais dans notre famille on fait pas trop ça mais je pense que c'est le bon moment de prier.” NON MAIS NON. Arrêtez de passer le message que lorsque c'est au fond du trou que l'on peut trouver du réconfort dans la religion. NON. Rhaaa ça m'a énervé.

Ha et quand vous faites des scènes post-génériques faites les biens. Vous en mettez une où l'on voit les quelques rescapés atterir sur une nouvelle planète. C'est marqué que ça se passe plusieurs milliers d'années dans le futur. Mais du coup, ne mettez pas ensuite une autre scène post-générique, qui se passe à notre époque. Merci de garder un peu de timeline cohérente (surtout quand c'est juste pour une blagounette nulle).

Et du coup dans cette mini-scène où ils débarquent sur la nouvelle planète, ils sont tous sorti de capsules de cryogénie. Mais étrangement ils sont à poils et … sacrément relax. Vous vous connaissez pas, et vous êtes tous à poil là, vous avez été sélectionné uniquement parmi les adeptes de naturismes dans la haute société bourgeoise richissime ? Et vous abordez même pas ne serait-ce que rapidement que absolument tout le reste de l'humanité y est passé et que vous êtes les derniers ?

D'ailleurs ça serait un super scénario pour une suite : l'élite de l'humanité sont les derniers survivants grâce à leur vaisseau spatial. Ils se retrouvent à devoir relancer la civilisation humaine dans un nouvel environnement. Ces gens qui n'ont jamais vraiment bossé de leur vie vont devoir tout recréer et se rendent compte qu'ils ne sont au final que des parasites avec absolument aucune autonomie.

Bon le film a beaucoup misé sur un casting d'exception.

Voilà, ce film m'a laissé finalement un goût assez étrange. J'ai aimé l'aspect sérieux du film avec tout son aspect critique sur l'humain mais toute sa face humour m'a plutôt repoussé. Quand je vois que certains critiques annoncent un film "tordant" et "jubilatoire" je suis assez circonspect. Le film serait resté sur une ligne plus sérieuse (et du coup tristouille) ça m'aurait très probablement beaucoup plus plu.

Voilà, j'ai apprécié le film mais voilà, sans plus.