Full Metal Jacket

Histoire : 🔗

Joker est une nouvelle recrue qui va partir au Vietnam mais il passe d'abord par l'étape du camp d'entrainement des marines. Avec ses collègues il passe deux mois à se préparer avant de partir au front.

Malgré un sergent instructeur pour le moins … brutal, il fait preuve d'ouverture d'esprit et même d'une once de rébellion.

Ressenti : 🔗

Tiens c'est marrant j'avais le souvenir que le film était plus vieux que ça alors qu'il ne date que de 1987.

C'est un film de Stanley Kubrick ce qui veut dire que c'est un film très coté. Très gros budget, bien foutu et ça fait pas vraiment l'apologie de la guerre bien au contraire.

Le film se découpe en deux grandes parties. La première moitié se passe uniquement dans le camp d'entrainement et c'est le passage que je préfère.

Ce passage parle de conditionnement, d'entrainement militaire, de violence psychologique, d'effet de groupe. C'est vraiment top. Ça rapelle l'internat (non pas tant que ça quand même, c'était une bien meilleure expérience que ce qui est montré dans le film).

La seconde partie, c'est plus la guerre au Vietnam. Et bon bha là ça aborde quelques points moins communs aux films de guerre comme notamment la cohabitation avec la population locale. Le film pourrait être une préquelle à Jacob's Ladder puisque ça évoque l'origine des troubles psychologique des soldats au front.

Là où le film est fort, c'est que bien que ce soit un film de guerre, ça parle au final bien plus des blessures psychologiques causées par la guerre. Entre le racisme exacerbé, les traumas, le fait de vivre entouré de gros bourrins testostéronés sans aucun recul, la déshumanisation de ce qu'on leur demande, la perte de leurs amis en face d'eux…

Le protagoniste est particulièrement intéressant car il se distingue par sa capacité à avoir un certain recul et à toujours bien cerner les personnes avec qui il interagit. Ça donne l'impression d'un gars vraiment malin et à même de s'adapter à ses interlocuteurs et à pouvoir s'en amuser un peu. Il sait être caustique et rebel quand il peut se le permettre tout en reconnaissant les situations où il doit s'écraser. J'admire ce genre de personnage qui m'impressionne surtout quand le personnage est globalement bon et juste cynique.

Le sergent instructeur n'était pas un acteur mais un ancien sergent instructeur qui devait officier en tant que consultant. Il a cependant été recruté en tant qu'acteur et est l'auteur de ses fameuses insultes qu'il sort avec une brutale délicatesse. Et le tout est en grande partie improvisé ce que Kubrick ne faisait jamais dans ses tournages. Ce mec incarne la première partie du film. Il est à la fois une source d'humour involontaire et de désespoir face à sa cruauté.

spoils

Ce qui fout les boules à chaque fois c'est de voir que Gomer Pyle fini par dérailler à la toute fin. Alors que son calvaire de l'entrainement s'achève et qu'il s'en libère (mais pour finalement partir à la guerre…), c'est là qu'il perd pied et crève l'instructeur avant de se suicider.

Un élément du film qui n'est qu'un peu abordé est la présence des médias dans le conflit. Bon il y a bien évidemment les passages où ils sont en réunions pour le journal où ça discute des potentielles news. Mais le passage qui me marque plus est le passage beaucoup plus loin dans le film où l'on voit une équipe de tournage en train de filmer les soldats qui sont plus en représentation que réellement occupé. C'est pas trop appuyé mais j'aime bien cette petite scène subtil qui montre un envers du décor de la propagande militaire.

Ce film est vraiment trop bien surtout grâce à son personnage. L'histoire est bien et les moyens qu'ils ont mis sont impressionnants. La seconde partie qui se déroule au Vietnam est convaincante alors que … c'était en Angleterre.

Les scènes finales avec les bâtiments défoncés avec des flammes et tout est un décor d'une ancienne zone industrielle en cours de démolition. Ça s'y prête parfaitement.

Ce film est culte à juste titre.