Interstellar

Ce film est magistral.

Sans dec, à chaque visionnage c'est une grosse baffe. Ce film est beau, l'histoire est top, tout un tas de sujets sont abordés, scientifiquement ça a de la gueule, une part de fantastique (sisi j'insiste) et la musique qui accompagne est nickel.

Franchement, je sais que je suis légèrement fanboy des films de Christopher Nolan mais celui-là est probablement mon préféré. C'est de la science-fiction vraiment haut de gamme qui sait rester sobre visuellement. On visite quelques planètes mais on est pas dans des trucs flashy exotiques au possible et tout. Il y a des voyages dans l'espace mais on traverse pas la galaxie d'un claquement de doigts sans aucune conséquence sans refaire le plein d'essence. Non, non, là c'est de la trèèès très bonne science-fiction où l'aspect scientifique a vraiment une grande place afin de servir la fiction.

Les acteurs sont bons et tout particulièrement le héros incarné par Matthew McConaughey qui pourtant avait un rôle plutôt archétypé et a sû donner une profondeur au personnage. Les autres acteurs sont bons aussi, hein. Il y a juste l'arrivée de Matt Damon qui fait un “Tiens il était pas plutôt sur Mars ?!” (sans dec il aura voyagé durant les années 2010, lui).

Même la situation de départ a de la gueule : la planète se meurt mais ça se fait pas dans une apocalypse horrible et soudaine. Non ici, c'est bien plus crédible, plus sournois, plus anxiogène et pernicieux. C'est bien plus … réaliste. L'environnement devient progressivement invivable et l'humanité se retrouve petit à petit sur une planète aride où la nourriture vient à manquer. C'est un détail tout con mais ça permet une meilleure immersion. C'est un futur plus que probable qui arrive très progressivement.

Et du coup ce futur a ses nouvelles règles : il n'y a plus d'armées, le système éducatif pousse la grande majorité des gamins à étudier l'agriculture pour aider la survie. C'est juste dommage qu'on ne nous le montre pas plus mais bon le film est déjà suffisamment long.

Visuellement ce film est très classieux. Même si les alternances de format d'image me fruste un peu, quand on est sur un plan 70mm on en prend vraiment plein les mirettes. Les effets spéciaux numériques sont vraiment très bien fait à tel point que j'ai du mal à les discerner. J'avoue ne même pas savoir si certains plans des vaisseaux spaciaux sont réalisés via des maquettes ou purement numériques. De jouer la sobrieté à ce point (certains disent froid mais je suis pas spécialement d'accord) me font penser que ce film vieillira très bien.

Les plans sur la Terre sont généralement assez fixes et c'est seulement quand le héros s'en va que la caméra commence à avoir plus de mouvements. On a même le droit à un plan où la caméra suit le vaisseau arrivant sur une planète avec des nuages. Déjà c'est sublime, mais en plus la caméra se déplace comme si elle était elle aussi sur un vaisseau/avion/drone ce qui donne un effet de réalisme de fou alors que bon… c'est très surement du numérique de partout. On a pas de vaisseaux interstellaires encore, non ?

Qu'est-ce qu'on voyage en plus dans ce film (bon vu le titre heureusement). Mais, par chance, ils nous épargnent les scènes vues et revues de la préparation du voyage. À peine le héros part de chez lui que sa fusée décolle. Le film fait ses trois heures mais nous épargne des passages longuets. D'ailleurs tout tourne autour du temps dans ce film. On a beau nous prévenir à l'avance que l'écoulement du temps est relatif mais quand on se le prend dans la gueule on est tout aussi choqué que les personnages. Et la musique d'ailleurs souligne aussi l'importance du temps.

Hans Zimmer a pondu une BO radicalement différente de ce qu'il nous a habitué. Ici, on est pas malmené par la musique qui se veut très … lointaine, distante, ambiante. C'est bien de l'orgue, non ? C'est rare cette tessiture dans les films…

Le seul point un peu plus négatif c'est l'incartade dans le fantastique vers la fin. J'ai du mal à y trouver une explication scientifique au tesseract du coup je ne peux m'empêcher d'y voir un deus ex machina pour raccorder l'histoire. J'ai donc du prendre un tout petit peu sur moi pour ne pas décrocher mais bon ce n'est qu'un tout petit effort qui en vaut la chandelle.

Bon franchement si vous l'avez pas vu, vous pouvez y aller les yeux et oreilles ouverts.

Ha j'ai failli oublier d'en parler, même les robots ont de la gueule. Pour une fois, ils ne sont pas humanoïdes et ont l'air pratiques. Leur système de multiples jambes et de changement de forme ça semble vraiment utile en plus d'être stable et praticable dans pleins d'environnement. Voilà voilà.