Robocop

Histoire : 🔗

Detroit va connaitre d'importants chantiers pour de nouveaux quartiers modernes mais l'OCP doit d'abord nettoyer la ville et y faire baisser le taux de criminalité. Il faut dire que ça dézingue à tour de bras et les flics sont débordés et ont durée de vie assez réduite.

Lors de son premier jour de boulot, l'agent Murphy tombe dans un traquenard et se fait salement tuer. L'OCP va donc récupérer son corps et le transformer en androïde pour aller combattre le crime avec des méthodes bien plus radicales.

Ressenti : 🔗

Un bon gros film bien bourrin de Paul Verhoeven en très grande forme. C'est thrash, c'est généreux, les effets spéciaux sont excellents, non vraiment il n'y a rien à jeter.

Un truc assez marrant, c'est que derrière toute sa violence ostentatoire c'est qu'il y a quand même une grosse critique politique. Et ce que je trouve encore plus étrange, c'est que dans les années 90 il y a eu une térachiée de jouets Robocop, alors que bon c'est pas vraiment une œuvre à destination des mioches…

À première vue ça ne saute pas trop aux yeux mais ça se passe dans un futur proche. C'est même du cyberpunk mais sans en avoir tous les clichés actuels (les néons, les trucs volants, les modifications physiques) vu qu'on a de la mégacorporation qui se substitue aux tâches de l'État, du transhumanisme, de l'emballement sécuritaire et des inégalités croissantes.

Faut dire que Paul Verhoeven voulait un peu cracher sur les USA de Reagan et qu'il s'est gavé de pas mal d'inspirations de l'époque à base de Blade Runner et Terminator. Le réalisateur a été très bon en parvenant à faire un film sérieux tout en optant pour une violence graphique assez rare. Le début notamment avec la mort de Murphy où les malfrats s'amusent à le déglinguer progressivement en le mutilant est surprenant. Ça s'éloigne des films d'actions grand public des années 80 qui au final était quand même plutôt prude avec un gore inexistant. Ha non non, là, ça salie de la pellicule.

Les effets visuels sont une tuerie. Il y a des effets numériques mais ils sont rares. Il y a surtout un boulot de ouf sur le costume de Robocop. Le gars qui n'est pas freluquet mais pas bien large non plus à la base devient massif une fois dans son acoutrement. Et cerise sur le gateau, quand il retire son casque on voit le boulot énorme pour intégrer le visage de l'acteur au costume/maquillage. Ce truc n'a pas pris une ride. C'est bluffant !

Mention spéciale pour le pauvre Emil qui, à la fin, a le droit à son ptit bain toxique. Le gars se retrouve déformé avec une allure grotesque. C'est ptet un peu cheesy mais j'aime beaucoup. Je trouve que c'est un cadeau de la part du réal pour le spectateur féru de monstruosité. C'était très dispensable, ça n'apporte rien mais c'est là et ça fait plaisir. Rhaaa et en plus la façon dont il finit c'est de l'or en barre.

Il y a également du stop-motion pour le gros robot ED209. On sent que l'animation est un poil saccadée mais franchement j'aime bien. L'intégration avec les décors et les personnages est très bien réussie et l'illusion est top. J'aime bien son design en plus avec ses verrins, sa grille, ses canons et ses ptits pieds mobiles.

J'aime bien la ptite troupe de méchants : le noir avec son rire hystérique, le roux bien sadique, le sosie de Marc Lavoine et enfin le chef de gang avec ses ptites lunettes qui tient tout le monde à carreau. Ils ont une ptite vibe bien sympathique, ils s'amusent comme des gosses quand on leur apporte des gros flingues.

À plusieurs reprises, on a le droit au journal télévisé avec ses présentateurs tout-sourire, presque amusé quand ils annoncent des catastrophes avec des morts. Le tout est parsemé de pub qui interrompent les infos. J'aimerais bien connaitre l'avis du réalisateur sur l'état des médias aujourd'hui…

Voilà c'est un excellent film qui a d'ailleurs récolté un oscar et le saturn award de meilleur film de science-fiction de 1988.