Simetierre (2019)

Nouvelle adaptation du roman Simetierre de Stephen King. C'est vrai qu'en ayant revu il y a peu la première adaptation, il y avait clairement moyen de faire un remake pour moderniser l'aspect technique et aussi obtenir un meilleur film en y consacrant plus de travail et de budget. C'est vrai, le premier n'était pas une grosse production et le succès de la sortie de Ça a poussé les studios à voir le film d'horreur comme un genre un peu plus bankable qu'auparavant. Du coup un Simetierre avec du budget, des acteurs et une grosse ambition ça annonçait du très bon.

Il y aura ptet un poil de spoil.

On retrouve donc notre sympatique petite famille avec un papa qui souhaite quitter sa difficile vie à l'hôpital en ville pour changer de rythme de vie. La nouvelle maison en campagne va lui permettre de se ressourcer et embrayer sur une vie plus paisible. Sa femme quant à elle… bha en fait on s'en fout. On ne sait rien d'elle, on sait pas ce qu'elle fait, est-ce que ça lui plaît ou bien elle fait ça que pour suivre son chouette mari docteur ? On ne saura pas.

Et puis la ptite fille qui est un peu complice avec son père mais quand même proche de sa mère, on nous la montre beaucoup. Alors que le second gamin, un ptit mecton qui sait tout juste marmonner deux trois mots bha on le voit pas beaucoup. Pourtant, il est censé mourir donc faut qu'on s'y attache, il est là faut qu'on le sache, il n'est traité qu'à l'arrache. On le voit presque pas (pourtant ils ont utilisé deux jumeaux, ils les ont pas rentabilisé).

On a le droit au voisin relou un peu trop collant. On ne peut clairement pas s'en défaire de ce “gentil vieux” toujours en train de reluquer par ici, ou à boire une bière sur son porche, ou à trouver le cadavre de votre chat fraichement écrasé sur la route (encore qu'on pourrait croire que c'est lui).

Ha oui, j'ai oublié de vous parler du chat, même lui qui est censé être assez important dans l'histoire n'est que survolé. Je commence à me demander qui va bien mourir pour être ramené à la vie.

On a le droit à l'opposition des points de vue entre le papa médecin cartésien pragmatique réaliste et la maman … heuuu … qui croit au paradis. Et on découvre que la mère à un vrai syndrome post-traumatique concernant la mort de sa sœur ou tout du moins ces derniers instants. Faut dire que la scène qu'on nous offre pour nous montrer ça, a de quoi choquer.

C'est très con, pas gentil et tout, mais la gamine qui représente la mère dans le flashback a une drôle d'allure et des mouvements étranges. Au point, où j'ai tout bonnement l'impression qu'elle sort tout droit de Dark Crystal et qu'il s'agit d'une marionnette sacrément bien faite. Elle est tout bizarre, avec une coupe de cheveux bizarre, des expressions assez figées bizarres, avec des frusques bizarres. Vous savez quoi ? Je trouve ça … bizarre.

Du coup, c'est logique qu'elle soit traumatisée la pauvre maman. Heureusement en grandissant elle est devenue une vraie ptite fille. Désormais elle se tient bien sans aucun lien. Mais la pauvre à des hallucinations dérangeantes.

Faut dire qu'apparemment, sa sœur est morte dans le monte-plat (allo ? qui a un monte-plat chez soit ? certainement pas des gens qui n'ont pas les moyens de se payer une infirmière s'ils partent en laissant une de leur fille à l'agonie à la maison). Parceque ouai, la sœur est clouée au lit avec la colonne vertébrale toute vrillée au point où elle peut pas sortir du paddock, faut lui apporter à manger. MAIS, elle peut se faufiler dans le monte-plat et tomber dedans et mourir. (ouai c'est le genre de truc incohérent du film, pourquoi ne pas en être resté la version du bouquin ? ça n'apporte rien de positif cette modif).

Bon, on retourne à notre super chef de famille, en train de soigner deux rhumes dans son ptit hôpital de campagne quand soudain un gamin arrive la gueule râpée, éclatée, déchiquetée. Il tente de faire un miracle mais non, le gamin meure malgré les 5 secondes de massage cardiaque. Notre pauvre médecin encaisse le coup et là, le gamin se relève et lui sort une connerie genre “faut pas outrepasser la barrière”. Quel choque pour le padré. Lui qui pensait qu'on n'avait des accidents graves qu'en ville et qu'à la campagne tout le monde vivait centenaire en n'affrontant qu'au pire une ptite grippe.

Après une bonne nuit de sommeil, la ptite fille ne trouve rien de mieux que d'entrer par effraction chez le voisin collant. Quand il est pas chez eux, ils vont le chercher, c'est fou ça.

C'est de nouveau la nuit, papa dort mal, se lève à cause du gamin mort (ouai ils sont impitoyables, pas de grasse mat chez les morts) et se rend au fin fond de la forêt en passant la porte de sa chambre pour arriver dans le fameux Simetierre pour nanimo (ouai je vous l'ai zappé parcequ'on s'en fout). Il est réveille en sursaut par son fils. Parceque oui il a quand même un fils… Du coup sa ballade en forêt n'était qu'un rêve, par contre il se rend compte qu'il a les pieds bien crasseux comme s'il avait parcouru toute la Comté. Et il étale bien ça dans le lit (c'est surement pas lui qui nettoiera les draps). Sérieux, c'est un motif sérieux de divorce un truc comme ça (et à raison !). Bref, il est tout tourneboulé le pauvre : fut-ce un rêve ?

Il se lève, va s'occuper de sa gamine mais faut encore que le voisin stalker vienne casser l'ambiance. Il a “trouvé” le chat de la famille mort sur le bord de la route. Perso je suis quasiment sûr que c'est le voisin qui demande de l'attention et qu'il est prêt à n'importe quoi pour ça. Il se rencarde avec le padré pour aller en ballade le soir pour aller enterrer le pauvre greffier dans le Simetierre dans le fond de leur terrain.

On a le droit à un nouveau flashback de l'enfer avec la muppet de mère. Puis nous voilà de nuit avec les deux hommes de l'histoire parti enterrer ce bon vieux Winston Churchill. Et là le voisin propose d'aller enterrer le chat un peu plus loin. Le père est vraiment pas chiant : ils partent super loin, il traverse un cours d'eau avec les pieds dans l'eau et tout, en trimballant le pauvre chat mort et une pelle, au beau milieu de la nuit mais le père s'en plaint pas. Vous le feriez-vous ? On érigerait des monunents pour vanter la cagne légendaire dont je ferai preuve en cette occasion mais non, lui il suit au bout du monde un vieux mystérieux.

Le lendemain vous ne devineriez jamais ce qu'il se passe ! Le chat ! Bha en fait, bha il est pas mort ! SURPRISE !

Papa est encore une fois tout tourneboulé et dans ces cas-là qu'est-ce qu'on fait ? On va encore voir le voisin ! À mon avis il gagnerait un temps précieux en le faisant vivre à la maison.

Bon le chat est un coup super gentil un coup très space voir méchant. La ptite fille le brosse comme une sauvage il dit rien, puis au bout de dix secondes on sent que le réal a dit “Allez le chat maintenant tu es méchant, tu te rebelles dans 3… 2… 1 !”. Pas de bol, ce chat est réellement trop gentil, du coup ça aura lieu en hors champs. On rajoute trois griffures sur le bras de la gamine et hop. Voilà, la gamine ne veut plus de son chat, c'est dommage, après tout ce qu'à fait le voisin pour la préserver …

Bon, Papa et Maman vont faire des trucs de papa et de maman et là Matou apporte un pauvre pigeon mort sur le lit. On a donc une des réactions les plus logiques de tout le film : l'abandon des trucs de papa et de maman. Visiblement ça a cassé l'ambiance. À peu près toutes les autres décisions de Papa sont hautement contestables.

Maman nous assène une hallucination de plus où l'on voit sa sœur mourir dans son placard à pharmacie transformé pour l'occasion en monte-plat. Du coup dans ces cas-là, le Papa décide d'organiser une fête pour la gamine. Ensuite, il décide d'aller encore se promener chez le voisin qui va raconter un peu de folklore et où il explique qu'il se doutait que le chat reviendrait et serait méchant. Sympa mec. Mais le père, bha il le prend pas vraiment mal, ni bien d'ailleurs. Il ne réagit absolument pas à ça.

On avance un peu dans l'histoire, arrive la fête pour la gamine. Elle ne trouve rien de mieux que de rejoindre son chat sur la route où passe constamment des gros camions en excès de vitesse. Le ptit frangin la suit et là on va avoir le droit à sa mort. Le père court court court mais arrive à temps pour soustraire le mioche à son triste destin. Voilà le remake dans toute sa splendeur, le gamin que l'on nous a quasiment pas montré de tout le film n'a pas le droit à sa scène mémorable.

Bon bha du coup, le gamin ne meurt pas mais la gamine qu'on nous a beaucoup montré, elle, a le droit de mourir. Bon. Pourquoi changer ça ?

Bref, le père est triste et ne pense qu'à une chose, ramener sa gamine comme il l'a fait avec son chat. Ce qu'il va faire la nuit venue, discrètos, sans prévenir le voisin ce coup-ci. Au contraire, il va lui filer un bon somnifère histoire de pas l'avoir dans les pattes pour une fois.

Et contrairement au film d'origine, on ne voit pas le père tomber progressivement dans la folie. Il est lucide mais con.

Plus tard dans la soirée il suit des traces de pas assez flippantes qui mènent dans la cave. Et là il se retourne et voit sa gamine bien crasseuse, avec la peau grise, un œil qui se barre en couille, les cheveux qui s'arrachent par mèches entières rien qu'en les brossant. Bref, aucun présage qu'il a fait une très grosse connerie.

Au réveil, le voisin ultra perspicace tente de faire un peu la morale au père qu'il soupçonne d'avoir commis l'irréparable (après lui avoir montré comment faire). Là, le voisin flippe. Pour une fois il tente de se réfugier chez lui mais c'était sans compter la faculté du chat et de la gamine capable de coopérer pour leurs méfaits. Il se fait dégommer en deux deux et voilà. On n'aura plus à le supporter.

La mère rentre à la maison et découvre sa désormais fille-zombie. Visiblement le courant ne passe pas tant que ça. La couple ne se congratule pas et la gamine semble vouloir provoquer la fin du film assez rapidement mais c'était sans compter sur une nouvelle hallucination de la mère qui se rêve en train de se transformer en sa propre sœur biscornue. La zombie abrège cette scène grâce à son couteau.

Tout s'accélère, la gamine poignarde un peu la mère, ça papotte tranquilement. “Tu n'es pas ma fille.” Bam nouveau coup de couteau dans les côtes mais de l'autre côté pour équilibrer. La gamine traîne le cadavre maternel jusqu'au simetierre avec ses ptits bras de gamines de 9 ans.

Papa court se réfugier dans le simetierre, là où les morts reviennent là vie. Ça castagne ça castagne ça castagne. Il zigouille sa fille mais *Schpuichtre*. Il se prend une barre de fer dans le bide en passant par le dos. C'est sa femme qui exprimme son désaccord maintenant qu'elle est elle-même une mort-vivante.

Tout ce beau ptit monde retourne vers la maison. Il ne reste plus que le fiston réfugié dans la voiture. Et on balance le générique.


Voilà voilà voilà. C'est quand même décevant. Le début du film prend bien son temps c'est posé calme.

Et la fin c'est pas mal rushé. Le père au lieu de devenir fou et à prendre des décisions foireuses à cause d'un état mental perturbé, bha là il prend des décisions de merdes, point. On le voit pas perdre les pédales, il se rebelle pas contre ce con de voisin qui est quand même la cause de tout ce merdier.

Et puis là, au lieu d'être épaulé par le gamin qu'il a tenté de sauver au début du film, il n'a le droit qu'à des hallucinations sans explications. Du coup le père étant pas le plus fûté, il ne comprend pas les avertissements.

Un gros détail qui me gêne et que je ne comprends pas trop c'est le fonctionnement du truc. Quand tu te fais tuer par une de ces choses revenues à la vie, tu te transformes également en une de ces choses. C'est quoi ? Des zombies ? Il me semble pas, normalement, quand tu meurs, le seul moyen de revenir, c'est de se faire enterrer dans l'arrière-boutique du Simetierre.

C'est une très grosse déception. J'en attendais beaucoup. J'éspèrais que ce nouveau film gommerai les quelques menus défaut et saurait être généreux pour faire un très bon film en reprenant beaucoup plus ce qui avait été fait sur la première adaptation. Au final, il joue trop à vouloir innover où il ne faut pas, à rater la mise en place de l'atmosphère, à un rythme complètement à la ramasse et ne parvient pas à être beaucoup plus sombre et glauque.