The Color of Money

Histoire : 🔗

Eddie découvre Vincent et voit en lui un futur champion de billard. Mais Eddie voit également un bon moyen de se faire du pognon via des paris où il arnaque les opposants.

Bref, il convainc le jeune Vincent de partir dans une tournée des clubs de billards pour se faire du pognon pour finir en apothéose à une compétition nationale.

Ressenti : 🔗

Je m'étais bien fait chier la première fois que j'ai vu ce film et là pas du tout. J'ai beaucoup apprécié ce visionnage (je vieillis mes goûts changent probablement).

Paul Newman joue le vieux briscard qui a connu son heure de gloire et qui s'est plus ou moins rangé. Et Tom Cruise, lui, tout jeune, joue le chien fou très talentueux mais assez insupportable. Tout le sel du film réside dans la relation entre ces deux personnages. J'ai vraiment beaucoup aimé cette dynamique entre les deux.

Paul Newman se la joue hyper cool, au-dessus de tout, sûr de lui et de sa supériorité sur Tom Cruise. Mais ce dernier est très exhubérant pour montrer son sentiment de supériorité. Les deux sont au final quasi-identique mais juste pas au même stade dans leur vie. Et bien qu'ils collaborent dans un but commun, ils ont au final une rivalité enfouie dès le départ mais qui n'émergera finalement qu'à la toute fin. La tension sous-jacente monte constamment.

J'aime bien l'esthétique 80s du film. Mais c'est pas pour autant le cliché actuel des années 80, non ça ne déborde pas de néon et de couleur fluo. On a bien les coupes de cheveux immondes cela dit. Les décors sont tous assez décrépit, les couleurs sont assez désaturées, c'est tout le temps assez sombre. Ces ambiances de bar/billard-club presque malfâmés sont assez cool.

Au-delà de la maestria du billard, il y a tout l'aspect arnaque dans le film. Nos protagonistes font ça pour se faire du pognon. Leur stratégie principale consiste à avoir l'air bon mais pas trop dans les premières parties avant de se révêler réellement lorsque les paris augmentent bien. Cet aspect du film n'est pas aussi proéminent que je l'aimerai.

Ce film fait suite à celui de 1961 que je n'ai pas vu : The Hustler. C'est une adaptation d'un bouquin de Walter Tevis. Ici c'est Martin Scorcese qui est au turbin. Et il nous offre notamment un très joli générique de début avec ses volutes de fumée sur fond noir qui se révèle être intégré dans le bar du début. Subtil mais classe.

Forcément avec le billard comme sujet principal, il fallait quelques plans sur … bha des billards. Il fallait que Tom Cruise réussise des beaux coups. Il y a un recours massif au hors-champ pour simplifier le tout. Mais certains quelques rares coups sont visibles en intégralité.

En plus du duo d'acteurs, on retrouve Mary Elizabeth Mastrantonio qui n'a pas un grand rôle puisqu'elle se fait éclipser par les deux autres. On retrouve également d'autres têtes connues plus ou moins brièvement. On a notamment un Forest Whitaker tout fringant, un John Turturro qui joue encore avec des boules ou bien plus étonnant encore un Iggy Pop avec un tshirt (sisi je vous jure) !

Le film se finit sur un cliffhanger de folie. Une bonne dose de frustration dans ce final inachevé.

Voilà, c'est un film fort sympatique.