The Menu

Histoire :

Tyler invite Margot dans le restaurant très particulier du non moins étrange mais tout de même prodigieux Chef Slowik. Cette île où tous les ingrédients sont récoltés/pêchés/chassés va être le théâtre d'un repas dont la mise en scène égalera l'extravagance des mets confectionnés.

Les clients seront cependant assez vite décontenancés.

Ressenti :

Tiens donc en voilà un film pas mal du tout. J'ai bien aimé les présences d'humour légèrement saupoudrées sur son lit de film d'horreur. La légèreté des saveurs s'estompent progressivement pour laisser la place à un goût plus âpre.

La déco quasi-idylique ne parvient pas à masquer le personnel très froid et dont l'aigreur semble se dévoiler lentement mais surement. Les cuistots dans le fond agrémentent la décoration du lieu en s'affairant docilement et promptement aux ordres du chef charismatique mais il faut avouer que les pointes d'acidité de la maître d'hôtel contraste dès le début. Ce qui au départ ne se remarque qu'à peine prend petit à petit le dessus et recouvre toutes les autres saveurs. Il en résulte un malaise lancinant et qui recouvre petit à petit tout le reste.

À chaque fois que le fumet de la surprise s'estompe, un nouvel ingrédient perturbe le plat et ajoute saveur au scénario. C'est très agréable et évite la lassitude qui pourrait poindre. La texture du plat est donc de plus en plus oppressante et c'est là que la vraie nature du film se révèle : une comédie horrifique qui se laisse déguster même sans faim.

Je ne suis pas resté sur ma faim et la prestation des acteurs y est pour beaucoup. Chacun des personnages a un rôle symbolique avec notamment la critique suivie aveuglément par son assistant insipide, les bros insupportables dont le businness a fonctionné malgré leurs magouilles, le fan limite hystérique qui n'y connait au final pas grand-chose, le couple de bourges qui profitent d'un système sans même se rendre compte de leurs privilèges… J'ai beaucoup aimé cette brochette qui se complète bien.

Mais en plus d'être délicieux par son scénar, la présentation de l'assiette est réussie avec une mise en scène propre. Point de fioriture mais une déco très propre qui permet d'instaurer une ambiance globale avec cette île isolée et cette salle très classieuse mais au final peu châleureuse.

Ralph fiennes a retrouvé son nez et joue ici un antagoniste très impressionnant malgré son apparente innocuité. Il sera au final non comestible.

spoil de la recette

J'ai beaucoup aimé les moments où chaque visiteur se retrouve confronté à sa punition personnalisée. C'est une sorte de Saw de la bouffe.

Anya Taylor-Joy reprend un rôle assez proche de ce qu'elle tenait dans Split : c'est une victime collatérale qui n'était pas visé par le meurtrier. Elle l'intrigue d'ailleurs et a quelques points communs que ce dernier remarque également (leur profession les amène à devoir répondre aux attentes de leurs clients). Et comme dans Splitt elle s'en sort en rentrant dans le jeu du bad guy après l'avoir analysé et compris plus ou moins ses motivations.

D'ailleurs ce burger final a l'air pas mal, non ?

Je me demande à quel moment il décide de l'épargner :

  • Est-ce le moment où il semble prendre du plaisir de cuisiner un plat simple ?
  • Est-ce le fait que ce soit la seule à ne pas être aveuglée par la réputation et sa cuisine pompeuse ?
  • Le fait de demander le doggy bag ? Il se retrouve à jouer le jeu du restaurant jusqu'au bout et à la laisser finir son repas plus tard, à la maison ?

Voilà, ce bon repas est rafraîchissant et même son dessert est satisfaisant et saura caler à peu près n'importe que coin du moment que vos papilles sont réceptives au sucré/salé de la comédie horrifique.