The Mist

Troisième adaptation d'un récit de Stephen King par Franck Darabont qui a pour l'instant réalisé un sans-faute. Et je dis bien pour l'instant.

On retrouve des acteurs de ses précédents films d'ailleurs mais ce coup-ci on est dans un registre bien différent. On est ici dans un film bien plus horrifique et surnaturel.

J'aime beaucoup l'histoire, c'est basique mais efficace : une brume étrange tombe sur un bled du Maine (le seul indice que j'ai perçu c'est le titre du journal local le Castle Rock Times). C'est une bonne grosse brume ultra épaisse empêchant de voir à 10 mètres. Et apparemment il y a des choses dedans qui ne sont pas très amicales. Nos personnages se sont réfugiés dans la supérette du coin.

J'adore les films où les personnages sont coincés dans un lieu et tentent de survivre. C'est assez paradoxal parce-qu’à chaque fois je suis frustré et énervé des prises de décision des personnages. Ils font toujours les trucs qu'il faut pas faire. Mais j'aime bien quand même ces films (ouai même l'armée des morts de Zack Snyder).

Et là on a le droit à tout un lot de décision hautement contestable mais bon j'imagine que sans ça le film perdrait de l'intéret.

  • Les personnages qui veulent pas croire qu'il y a des trucs pas nets malgré les litrons de sang et les personnages manquants.
  • Les mecs blessés dans leur masculinité (c'est it texto, bon point) qui veulent faire le truc débile.
  • Les personnages religieux (ho god je les déteste).
  • “Allons dehors chercher des médicaments pour soigner 1 pauvre gars qui va claquer et qui demande à être achevé !”
  • “Hey mais c'est la faute des militaires, on devrait s'en prendre au pauvre troufion de base qui est au courant de rien !”

Bref, au moins ça donne des “rebondissements” et on a pas vraiment le temps de s'ennuyer. La pression ne redescend à peu près jamais, pas de moment de détente ou d'égarement.

Les acteurs sont pour beaucoup pas très très connu et tant mieux, c'est cool de voir des têtes moins connues (bon il y a quand même Raymond Holt de Brooklyn 99 qui a un personnage intrigant mais malheureusement casse-couille). Par contre, certains de ces acteurs sont un poil limite niveau jeu et sont bien stéréotypés. C'était le film pour orienter Toby Jones vers les films d'action (visiblement ça n'a pas pris).

Au début j'ai voulu cracher sur les effets spéciaux mais au final ils sont vraiment pas si dégueux. Leur intégration est plutôt convaincante sur certains plans où ils interagissent avec les décors et tout. Par contre le design des monstres est globalement basique. Ils sont restés très sages je trouve en ce cantonnant à faire de gros insectes. Ils auraient pu faire des créatures bien plus fofolles et dégueulasses. Après j'imagine que le budget du film étant assez serrés, ils ont fait déjà quelque chose de fort bonne facture et qu'il aurait été impossible de faire plus de folie.

Là, où par contre ça déconne, c'est au niveau de la mise en scène. Je comprends pas trop le délire. Les caméras sont constamment mobiles. Ça fait des ptits zooms, ça bouge même pour une scène de dialogues anodines. Je me demande s'il n'y avait pas volonté de s'approcher du found footage. Il y a même un moment où ça se castagne dans l'épicerie où on se croirait presque en vue à la première personne avec les mains s'agrippant au premier plan. Ça aurait été probablement difficile à justifier scénaristiquement mais ça aurait pu se faire à la Rec (sorti la même année) ou Cloverfield (sorti un an après). Ils s'en sont approchés mais ne l'ont pas fait et du coup ça donne une drôle d'impression.

Bref, on a un film avec beaucoup de bons côtés mais certains côtés un peu repoussant qui en rebuteront pas mal. Personnellement j'ai bien aimé et j'en avais de bons souvenirs mais c'est vrai que la façon de filmer fait cheapos/chiantos.